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LE
FLASH
Au début
de la photographie, le flash était une poudre qui s'enflammait et
qui parfois, pouvait mettre le feu aux vêtements du photographe.
Ensuite il y a eu les ampoules à usage unique qui «explosaient»
carrément et qui devaient être jetés après
usage (souvent par terre). Ensuite, il y a eu les «flash cubes»
qui nous donnaient 4 flashs avant de devoir les changer pour enfin
arriver à notre époque où maintenant, les flashs
électroniques peuvent durer la vie de l'appareil photo.
Le flash est
mal utilisé par une très grande proportion des gens.
Les gens allument le flash dès qu'ils sont à l'intérieur
ou dès qu'il fait sombre. Tout le monde a une collection
de photos avec un sujet très bien (souvent trop) éclairé
et où tout est noir en arrière-plan... Tout le monde a des photos
d'un spectacle où l'on voit très bien le derrière
de la tête des gens qui étaient assis devant eux, mais
où on ne voit pas la scène... Enfin, tout le monde a des photos
de personnes avec le visage blanc comme neige...
Imaginez un
jeu de dards à la noirceur... Prenez une «flash light»
et éclairez le centre du jeu... que voyez-vous?... Un centre
trop éclairé (presque blanc), la ligne des «triples»
sera très éclairée, la ligne des «doubles»
le sera beaucoup moins et vous ne verrez presque pas le mur... Le
petit flash de votre appareil photo est pareil... C'est une source
de lumière très concentré et qui n'a pas de
portée (tout juste quelques pieds). Je trouve ça d'ailleurs
très drôle quand je vais voir un spectacle au Centre
Bell ou quand je regarde le Super Bowl et que je vois les flashs
partout dans les gradins... Les gens pensent vraiment que leur petit
flash va éclairer la scène, à 300 pieds d'eux...
Oui,
il y a des flashs plus forts et plus professionnels (les flashs
de type «Cobras» qui se fixent sur le dessus de l'appareil
et qui souvent, peuvent pivoter, monter et descendre), mais nous
en parlerons un peu plus loin dans cette chronique. Ces flashs offrent
des fonctions avancées qui permettent de régler la
plupart des problèmes du petit flash intégré,
mais ils restent de très petites sources de lumières
et vous verrez que c'est tout à votre intérêt
de travailler plutôt avec la lumière déjà
disponible.
Considérez beaucoup plus le flash comme une source d'éclairage d'appoint au lieu d'un éclairage principal. Vos photos n'en seront que plus belles et plus vivantes. Voici une foule d'exemples qui vous permettront de bien utiliser (ou de ne pas utiliser du tout) votre flash.
«Fill-in» ou éclairage de remplissage
 
Le soleil... Grande source d'éclairage naturel mais les ombres
qu'il produit sont très net et la différence entre
les parties ombragées et éclairées est parfois
très grande, Dans la photo de gauche, le soleil plonge une
partie du visage dans l'ombre, ce qui ne rend pas justice au sujet.
Nous voyons souvent le même phénomène avec les
personnes qui portent une casquette; Le visage est alors plongé
dans l'ombre. Le flash vient alors à notre rescousse en «remplissant»
les ombres. De plus, le flash accentue l'effet «mouillé»
en reflétant dans les gouttes d'eau (à noter que la
couleur du ciel ici n'a rien à voir avec le flash, les 2
photos étant prises à 2 heures différentes).
 
Il en va de
même pour cette photo prise à l'intérieur et
éclairée par la porte-patio. La photo de gauche montre
de très gros ombrages, remplies à droite à
l'aide du flash. À noter que plus votre flash est de qualité,
plus il gardera les détails de l'éclairage naturel
existant. Vous pouvez voir dans la photo de droite que le soleil
sur le plancher reste très visible.
Photos
sans le flash
 
Mais, c'est
magique! Le flash améliore donc toujours les photos? (me
demanderez-vous). Non, au contraire. La photo des citrouilles à
gauche nous montre des citrouilles sculptées sur un comptoir
de cuisine... Le problème, c'est que ces citrouilles étaient
allumées avec des lumières multicolores. Le flash
a «éteint» les effets de lumière car il
était plus fort qu'eux. La photo de gauche a donc été
obtenue en prenant une pose longue (1/2 seconde) avec la caméra
sur un trépied (sans flash). La durée plus longue
de la pose a fait entrer plus de lumière dans la caméra,
ce qui a donné une bonne photo, tout en gardant les effets
et les couleurs.
 
Même chose
ici : La photo de gauche prise au flash donne un effet «hôpital»
(quoique ce soit vraiment à l'hôpital). À noter
que le flash fait souvent ressortir les petites veines et les plaques
rouges dans le visage, ce qui n'avantage pas du tout le nouveau-né.
De plus, comme justement c'est un nouveau-né... «Donnez-lui
un break» avec votre flash! (ah ah). La photo de gauche est
une photo de 1/15e de seconde (pose lente), sans flash, qui a donc
été éclairée simplement par la lampe
sur le bureau. Remarquez que la couleur est beaucoup plus chaude,
paisible, et le visage est vraiment en 3 dimensions.
Voici 2 autres
photos en spectacle :


La première
photo est une photo au flash. C'est le lancement du premier disque
de Corneille à la Place des Arts. La salle est très
petite, nous sommes environ 6 photographes et caméraman et
l'éclairage est très très limité. Je
n'ai pas avec moi le bon équipement (une lentille «rapide»
par exemple (nous en parlerons dans une autre chronique)), alors
je n'ai pas le choix, je prends quelques photos avec le flash pour
être certain d'en avoir des bonnes (normalement, durant
un spectacle, le flash est carrément interdit aux photographes
de presse à l'avant-scène). Après avoir pris
quelques bonnes photos, j'ai pu m'amuser sans le flash et j'en ai
eu des bonnes aussi. Remarquez les lumières de couleurs au
plafond...vous ne voyez aucun effet, le flash les ayants annulé.
En bas, nous voyons un spectacle de Yelo Molo, sans flash, avec
une lentille adaptée à cette situation (une lentille
qui ouvre très grand (f2.8) ce qui permet d'avoir le maximum
de lumière). Voyez la différence entre la photo avec
flash du haut, et celle plus bas... Le choix est facile à
faire.
Changer
la direction du flash

Ici, la photo
est plus difficile à faire : Du chrome sur la machine à
sous pourrait refléter le flash et faire une grosse boule
blanche (tout le monde a déjà photographié
devant un miroir ou une porte patio, ou tenter de photographier
quelque chose à travers une fenêtre avec le flash...).
De plus, je suis près des 2 sujets, alors le flash pourrait
les «laver» de blanc. La solution? Comme j'ai un flash
de type Cobra, je pointe donc mon flash vers le plafond. La lumière
monte alors au plafond et retombe, diffusée sur toute la
scène. On peut voir que les cheveux sont justement éclairés
en provenance du haut. Attention par contre quand vous faites «rebondir»
la lumière sur un plafond ou un mur, car si ce mur est de
couleur, la lumière prendra cette couleur (si vous avez un
mur rouge, la scène sera illuminée en rouge).
Voici 2 autres photos qui montrent l'effet d'un flash pointé vers le plafond :
 
Dans la première
photo, le flash est utilisé «normalement», c'est
à dire qu'il est pointé directement vers l'avant,
comme tous les flashs intégrés. Dans la deuxième,
le flash est tout simplement pointé vers le plafond blanc.
La lumière «rebondit» alors au plafond, est diffusée
et c'est donc le plafond qui éclaire la scène, mais
beaucoup plus uniformément. Vous savez donc maintenant comment
améliorer vos photos de «partys» et vos scènes
intérieures. Attention encore une fois à la couleur
du plafond... s'il est d'une autre couleur que blanc, la photo prendra
la teinte du plafond.
Si votre caméra
ne dispose que d'un flash intégré, amusez-vous et
expérimentez des méthodes maison pour diriger votre
flash... Un petit miroir à maquillage pour le sac à
main de madame pourrait être parfait pour rediriger le flash
vers le haut. Aussi, faites des tests en utilisant un papier mouchoir
(un «kleenex») devant votre flash... Cela diffusera
la lumière de votre flash et vous obtiendrez des visages
un peu plus doux sur vos photos. Un petit morceau de plastique blanc
(pot de margarine semi-transparent, 2 litres de lait en plastique,
etc.) collé devant votre flash (velcro autocollant) pourrait
faire un très beau résultat également.
Positionnement
du flash
 
Autre désavantage
du flash, c'est qu'il est presque toujours en avant du sujet, puisque
le sujet vous fait souvent face. Cet éclairage «écrase»
la figure et donne un effet 2 dimensions. De plus, comme c'est une
source d'éclairage de très petite taille, les ombres
sont très définies. Voyez la photo de gauche
: l'ombre des couettes de cheveux est presque aussi détaillée
que les couettes mêmes. Ces grosses ombres noires derrière
le sujet, souvent sur le mur, sont très inesthétiques.
Dans celle de droite, vous voyez, à titre de comparaison,
un éclairage de studio (2 flashs aux 45 degrés et
diffusés par des parapluies), vous voyez tout de suite l'effet
3D du visage qui ressort).
Parlant
de flash en avant du sujet, la plupart des flashs intégrés
sur les appareils photos sont très près de la lentille.
Donc, l'éclair du flash part en direction du sujet, entre
dans ses yeux et revient vers la caméra dans le même
angle (mais opposée), ce qui concorde souvent directement
avec la lentille (ligne rouge sur le graphique ci-contre)... Et
qu'est-ce qui arrive quand la lumière qui sort des yeux de
votre sujet revient directement dans la lentille de votre caméra?
Effectivement,
c'est la cause des fameux yeux rouges. En effet, le rouge que vous
voyez est le sang dans les yeux de votre sujet... Plus les pupilles
sont grandes ouvertes, plus vous voyez l'intérieur de l'oeil
(donc plus grand est le rond rouge). Les systèmes anti yeux-rouges
souvent présents sur les caméras fonctionnent ainsi
: à l'aide du flash et/ou d'une autre lumière sur
la caméra, la caméra tente de faire fermer au maximum
les pupilles de votre sujet, ce qui réduit les yeux rouges.
La meilleure manière de contrer ce phénomène
est d'utiliser un flash plus haut, plus à gauche ou plus
à droite. De cette manière, la réflexion de
la lumière évitera la lentille de votre caméra
(ligne verte sur le graphique ci-dessus).
Test
sur une scène précise :
Tentons de faire
une belle photo de la rue devant chez moi, le soir. Nous avons le
choix d'utiliser le flash ou non (pensez encore à mes photos
du Centre Bell).

À l'aide
du flash intégré de mon appareil, j'ai pris une photo
en mode automatique. Comme vous le voyez, j'ai illuminé la
rampe de l'escalier à 3 pieds devant moi (et en plus, ce
n'est pas elle que je voulais photographier, mais bien la rue...),
mais je n'arrive même pas à illuminer la mini-fourgonnette
de mon voisin. On peut voir les lumières des maisons et de
la rue, mais c'est tout. Si j'avais placé un sujet devant
la caméra, il aurait été bien éclairé,
mais en arrière de lui, c'est ce que vous auriez vu (photo
de «party» classique).

Ici, même
photo, mais j'ai mis mon flash de type «cobra» de près
de 400$. Comme vous le voyez, ce n'est pas parce qu'il est très
cher qu'il est bien plus fort... J'illumine maintenant un peu la
mini-fourgonnette, mais à peine...

Voilà!
Une belle photo de ma rue, SANS FLASH... Une simple pose allongée
de 30 secondes à f16. J'aurais pu, en plus, allumer le flash
même si je faisais une pose longue de 30 secondes. La rampe
aurait alors été illuminée et la rue serait
restée comme ça, mais comme la rampe n'était
pas quelque chose d'important dans ma photo, c'est mieux comme ça.
Avec une personne par contre, le flash aurait bien éclairé
la personne, et donc, la photo aurait été belle partout
(un sujet bien éclairé et un arrière plan parfait).
Remarquez que, puisque mon ouverture est très petite (f16),
c'est ce qui explique les pointes étoilées des lampadaires.
J'aime cet effet, mais si j'avais voulu l'éviter, je n'avais
qu'à ouvrir plus grand mon objectif (disons f5.6 au lieu
de f16. Par contre, comme j'augmenterais la lumière de 3
crans, j'aurais eu à augmenter la vitesse de 3 crans également,
donc 4 secondes au lieu de 30 (voir
la deuxième partie de la chronique no 2).
Maintenant,
soyons créatif un peu et amusons-nous... Je vais faire la
même pose de 30 secondes, mais à l'aide de mon flash,
je vais aller illuminer la mini-fourgonnette sur place, manuellement,
pendant que la photo se prend. Comment vais-je faire, puisqu'on
a vu tantôt que mon flash ne se rend pas vraiment à
la mini-fourgonnette ?

Voilà
le résultat. Le camion, et seulement lui, est mieux éclairé.
Comment j'ai fait?
Pendant une
exposition de plusieurs secondes, tout ce qui bouge dans la scène
et qui n'est pas émetteur de lumière n'est pas imprimé
sur la photo finale. Donc, pendant la pose de 30 secondes, je suis
parti en direction de la mini-fourgonnette avec mon flash de type
«cobra» à la main (oui, je marchais devant la
caméra, et vous ne voyez rien de ça sur la photo).
Je me suis mis près du camion et je me suis servi du bouton
TEST de mon flash pour le déclencher. Je suis ensuite revenu
vers la caméra et quelques secondes plus tard, les 30 secondes
étaient écoulées. À noter que j'aurais
pu utiliser une simple «flash light» pour illuminer
la camionnette (vous éclairez la camionnette partout avec
votre lampe, comme si vous étiez en train de l'arroser avec
un boyau d'arrosage. On appelle cette technique «Peinturer
avec la lumière», nous verrons cela dans une autre
chronique).
J'aurais pu
aussi faire une pose encore plus longue, disons 1 minute, et aller
éclairer toutes les voitures de mes voisins, toujours en
donnant un coup de flash à chaque fois, mais quelqu'un aurait
probablement appelé la police :). Nous verrons plein de choses
amusantes dans une future chronique sur les effets spéciaux.
Ce qu'il
faut retenir de cet article :
En général,
votre flash ne devrait servir qu'à supporter l'éclairage
déjà existant. Que ce soit pour remplir les ombres
que le soleil crée, pour accentuer certains détails
dans la photo ou pour geler un mouvement quelquonque (peu importe
la vitesse que vous réglez sur votre caméra, la durée
du flash elle, sera toujours de 1/500e ou 1/1000e de secondes).
De ce fait, votre flash est donc indispensable dans la vie de tous
les jours, mais il faut s'en servir au bon moment et pour les bonnes
choses. De soir, le flash n'est pas vraiment utile pour ce que les
gens voudraient qu'il le soit, mais si vous savez vraiment ce que
vous voulez et si vous savez comment vous en servir, vos photos
seront mémorables.
Dans la prochaine
chronique, je parlerai de 2 extrêmes : Les zooms (pour photographier
de loin) et la macrophotographie (pour photographier de très
très près).
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